Durant les Jeux d’hiver de Milan‑Cortina 2026, les drones FPV s’imposent comme l’un des symboles de la réalisation TV sportive de nouvelle génération.
Au ras de la neige, au plus près des athlètes, ils transforment la manière de filmer le sport et ouvrent de nouvelles perspectives au marché du drone professionnel.
Le drone FPV, star des JO d’hiver 2026
Un dispositif aérien inédit
Les Jeux de Milan‑Cortina marquent un tournant : le drone n’est plus un gadget, mais un maillon structurant du dispositif de captation vidéo. Olympic Broadcasting Services (OBS) a déployé une flotte d’environ 25 drones, dont une quinzaine de drones FPV dédiés au suivi rapproché des athlètes sur les sites alpins comme urbains.
Pour la première fois à cette échelle, les sports de glisse à très haute vitesse – ski alpin, luge, skeleton, bobsleigh – sont filmés par des drones capables de suivre les champions à quelques mètres seulement, tout en s’intégrant à un dispositif de plus de 800 caméras et près de 1 800 microphones.
Des images immersives « au cœur de la course »
L’apport du drone FPV est avant tout éditorial : il place le téléspectateur dans la peau de l’athlète.
Par rapport aux moyens traditionnels (hélicoptères, cable‑cams, caméras embarquées), le FPV permet :
- Des plans ultra‑rapprochés, au ras de la piste ou de la glace.
- Des suivis continus à haute vitesse sur plusieurs kilomètres.
- Des angles impossibles à obtenir avec des systèmes stabilisés terrestres.
- Des prises de vue idéales pour les stories en ligne ou sur les réseaux sociaux.
Qu’est‑ce qu’un drone FPV ?
Définition et principes
Un drone FPV (First Person View) est un multirotor piloté en immersion : le télépilote voit en temps réel ce que filme la caméra frontale via des lunettes ou un masque. Cette vision à la première personne lui permet de voler de manière très précise, dans des trajectoires serrées, avec des changements brutaux de vitesse et d’inclinaison.
Contrairement à un drone de prise de vue stabilisée « grand public », optimisé pour la sécurité et l’autonomie, le drone FPV est pensé pour :
- La réactivité et la maniabilité.
- Les accélérations violentes et les angles extrêmes.
- Les plans dynamiques et les mouvements complexes.
Les principaux types de drones FPV
On distingue plusieurs grandes familles, qui trouvent toutes leur place dans un dispositif sportif :
- Whoop / micro‑whoop : très petits drones carénés (hélices protégées) pour le vol indoor ou à proximité du public.
- Cinewhoop : drones FPV carénés de 2,5 à 3 pouces, capables d’emporter une caméra HD tout en restant compacts et sécurisants.
- Châssis 5 pouces et plus : machines plus puissantes pour le freestyle ou la course, capables d’atteindre des vitesses très élevées sur de longues distances.
Aux JO d’hiver 2026, ce sont surtout les cinewhoops FPV qui sont utilisés au plus près des athlètes : ils offrent un compromis idéal entre vitesse, agilité et maîtrise du risque en cas d’incident.
Capacités techniques des drones FPV aux JO 2026
Performances de vol
Les drones FPV déployés à Milan‑Cortina sont conçus sur mesure pour la haute vitesse et la captation broadcast :
- Vitesse de pointe : autour de 100 km/h pour les cinewhoops utilisés sur les sports de glisse.
- Masse : environ 243 g, pour rester sous le seuil réglementaire des 250 g.
- Autonomie : environ 5 minutes en configuration sport, soit un à deux passages d’athlètes avant changement de batterie.
- Profil de mission : vols à quelques mètres de la piste, avec relais entre plusieurs drones sur une même descente pour couvrir l’intégralité du tracé.
Chaîne vidéo : double flux pour la sécurité
Pour concilier exigences TV et pilotage de précision, chaque drone FPV embarque deux systèmes distincts :
- Une caméra broadcast HD/HDR reliée à un émetteur numérique à faible latence, qui alimente directement le flux international produit par OBS.
- Une liaison vidéo dédiée au pilotage (type système numérique DJI O4), avec un retour dans les lunettes du pilote et une latence de l’ordre de quelques dizaines de millisecondes.
Cette architecture permet de séparer totalement la sécurité de vol (retour pilote) de la qualité broadcast, tout en assurant :
- Un pilotage précis au ras du sol.
- Une redondance en cas de perte ponctuelle du signal.
- Une intégration native dans les régies et workflows TV existants.
Organisation des équipes drone sur les JO
Pour exploiter pleinement le potentiel du FPV en environnement olympique, les équipes sont structurées comme de véritables mini‑régies aériennes. Chaque drone FPV est opéré par un trio :
- Un pilote FPV professionnel, souvent issu de la course ou du freestyle.
- Un réalisateur spécialisé drone, qui coordonne les trajectoires.
- Un technicien en charge des liaisons radio, des réglages vidéo et de la gestion des batteries.
Sur une descente de plusieurs kilomètres, le travail est minutieusement chorégraphié : un drone se lance derrière le skieur depuis le départ, un second prend le relais plus bas sur la piste, un troisième capte l’arrivée. Chaque vol suit des corridors validés en amont, avec des procédures de bascule instantanée vers d’autres caméras en cas d’imprévu.
Pourquoi ces JO changent la donne pour le marché du drone ?
L’usage massif des drones FPV à Milan‑Cortina 2026 confirme une tendance de fond : le drone devient un outil industriel de la production audiovisuelle, au même titre qu’une camera‑car. Pour les acteurs du secteur, les opportunités se multiplient :
- Demande croissante en plateformes FPV professionnelles (légères, fiables, certifiables).
- Besoin d’équipes pour gérer la conception, l’intégration et l’exploitation de la flotte de drones.
- Développement de services spécialisés.
Dans ce contexte, les JO 2026 servent de vitrine mondiale : ils démontrent qu’un usage structuré du drone FPV peut enrichir l’expérience spectateur tout en respectant des contraintes réglementaires et de sécurité extrêmement strictes.
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